Walls Murs Kabe (10)



Walls Murs Kabe (10)

Mur enterre
Mur de pierre
Mur envers
Mur en flou









C'est diverseries de fèvre lunesque Et bla


C'est lundi, c'est le matin.

C'est soleil, c'est plutôt frais.

C'est la semaine qui commence, avec un air de déjà-vu. C'est peut-être que ça continue simplement. C'est une spirale de Vico, psychologique, dans la tête — c'est le confort du presque-pareil.

C'est qu'il faut penser à s'occuper de la déclaration de revenus pour les impôts. C'est bien pénible, on s'en passerait. C'est ce maudit régime de arubaito, dont les employeurs abusent. C'est les méandres du kakuteishinkoku !

C'est en vérité une misère, la télévision japonaise.


C'est Asashoryu qui prend sa retraite : c'est faute à quelque scandale, une fois encore. C'est qu'il a de quoi vivre tranquille, de toute façon, m'est avis. C'est amusant, de voir la tête des momies du comité national de sumo. C'est peut-être conspiration, à fin de laisser leur chance aux sumotori japonais ?

C'est nuage à présent.

C'est ce sweater jaune et nocturne, éblouissant, qui me donne des airs de poussin géant dont on se passerait. Bah.

C'est un peu lourd comme menu, riz + satsuma-imo.


C'est le manque de temps qui m'empêche de créer ce blog ELS / FLE ! C'est toutefois qu'on le met sur papier, ce pendant.

C'est encore clope et café.

C'est le sur-battage médiatique autour de ces jeux olympiques d'hiver, et du gambare pressif des athlètes japonais.

C'est qu'il ne se passe pas grand-chose en blogosphère franco-nippone — c'est peut-être que tout le monde est débordé — ou se repose après la course de fin d'année dernière ? C'est incertain.

C'est l'heure de la douche !


Wakayama-Osaka Train : Hashimoto - Kitanoda 橋本 北野田

Allez, on ne va pas saouler son monde — quel monde ? — plus en avant avec tous ces parcours en rail et chemin de fer travers la campagne montagneuse ou moins montagneuse de Wakayama et de Sakai.
Voici donc une bonne portion, en empruntant l'express 急行, ce coup-ci dans l'autre sens, direction Namba, de la ligne Nankai Koya / 南海高野線 : de Hashimoto / 橋本 à Kitanoda / 北野田 (450 yens).
Allez, en route.


Hashimoto - Miyukitsuji
橋本 - 御幸辻




Miyukitsuji - Rinkanden'entoshi
御幸辻 - 林間田園都市




Rinkanden'entoshi - Kimitoge
林間田園都市 - 紀見峠




Kimitoge - Amami
紀見峠 - 天見




Amami - Chihayaguchi
天見 - 千早口




Chihayaguchi - Mikanodai
千早口 - 美加の台




Mikanodai - Mikkaishicho
美加の台 - 三日市町




Mikkaishicho - Kawachinagano
三日市町 - 河内長野




Kawachinagano - Kongo
河内長野 - 金剛




Kongo - Kitanoda
金剛 - 北野田




Et voilà.
Bravo à ceux, otakus, intéressés, curieux ou désœuvrés, qui ont suivi le trajet jusqu'au bout ! ; )

Sinon, Wakayama, c'est ici ou .

Froid Ponyo Daikon Vent Et bla


Samedi, après midi et cours matinaux.

Froidure, ces derniers jours, malgré le soleil. Vite couvert, par ailleurs. Février, quoi. On se passerait tout de même des moins de 10°C dans l'appart' au réveil — c'est certes l'un des charmes, auquel on est plutôt insensible, de l'habitation japonaise. Doigts de pieds qu'on ne sent, par moments.

Hier, Gake no Ue no Ponyo, qu'on avait vu au cinéma lors de la sortie, et à propos duquel on avait fait part de sa déception. C'est mieux passé lors de la rediffusion télévisée, malgré les coupes et tronques habituelles par-ci par-là. Le film reste moyen — le meilleur passage étant Ponyo courant sur les vagues vivantes qui courent après la voiture de Risa et Sosuke. Une bonne représentation, aussi, du dialogue entre enfants de 4-5 ans, et entre enfants et personnes âgées.

Interrogation quant au modèle présenté : le père — marin : la bonne excuse — rentre rarement à la maison ; le père de Ponyo en magicien activiste écolo sacrément atteint, qui se plie en fin de compte et de toute façon à la volonté de sa divinité de femme (l'autorité et la famille, marine ou humaine, c'est la mère, crainte et aimée, des enfants comme du mari) ; un deus ex-maquina final des plus usés ; un air de déjà-vu des scènes, expressions faciales, ressorts dramatiques, etc. Noter toutefois que l'enfant appelle ses parents par leur prénom (assez peu courant tout de même), ce qui n'est peut-être pas une mauvaise chose. Enfin bref.


Les daikon pendent en haut des granges.

Questionnement, par ailleurs, quant à la présence d'un réseau de gaz systématique et développé, encouragé par moutles publicités starring Ueto Aya qui grandit vite et dit que le gaz c'est tellement bien, dans un pays si touché par les tremblements de terre — la maisonnée dispose en général d'un système d'air-conditionné / chauffage électrique fiché au mur, et de brûlots portatifs au gaz (prises de gaz dans toutes les pièces de la maison, dans le sol).

Les pruniers furent trompés par le redoux.

Toujours surpris des mouvements de foule, du mimétisme idiotique — comme celui qui fait courir les gens à la sortie du train, le même train chaque jour, pour choper leur correspondance, la même chaque jour, après laquelle il leur faudra attendre un quart d'heure...


Le weekend s'annonce plutôt calme.

Ce matin, on laissait l'appareil-photo chez soi ; sentiment de manque vague et l'absence de poids de la poche vide.

La contradiction flagrante entre nos modèles sociétaires et les pulsions géniques.

La moindre éclaircie est précieuse pour l'humeur et le corps. Grand vent, froid, à présent.

Allez.


Otaku wa ?


わが愛、オタク
Otaku mon amour / Otaku My Love

Je ne pensais pas qu'il fût nécessaire de pondre quelque billet à ce sujet ; mais d'aucuns en sont et s'en réfutent, par crainte et honte d'être assimilés à l'une des sous-catégorie à la mode.

Un otaku, c'est le maître de sa maison — la maison, le ou les champs de prédilection, ça peut être tout comme n'importe quoi, qu'il connaît comme sa poche. La passion peut se réaliser par la collection des manifestations, informations, connaissances ou exemplaires. On a ainsi de fameux densha otaku, anime otaku, kitte otaku, idol otaku, kamera otaku, seiyuu otaku et que sais-je encore, surtout pas uniquement du manga, de l'animation et du jeux vidéo : du tout et du n'importe quoi, dit-on. Buticulamicrophile aussi, oui.

L'otaku, c'est le fan, le furieux, le mordu, l'amateur éclairé, &c., qui n'est pas passé pro — sinon on le dirait spécialiste, seimonka, n'est-ce pas.
En France, on n'aime pas les otakus ; en revanche, on adore les spécialistes, n'est-ce pas. Du reste, Spécialiste, c'est un peu comme Expert : le plus souvent, il suffit d'avoir la clique, l'approbation de quelques pairs déjà en place, et le tour est joué. C'est généralement plus simple encore de s'auto-proclamer comme tel. Un peu comme partout, quoi.


Un conducteur de train est souvent un densha otaku qui ne s'ignore pas.

Enfin bref. Il semble que, souvent, l'otaku français n'aime pas à être confondu avec d'autres familles de la même race. On se réclame d'une exclusivité, d'un particularisme — syndrome ou complexe de la serviette et des torchons — plus le champ est réduit et moins les adeptes sont nombreux, plus cela flatte l'ego, n'est-ce pas — ce n'est pas comme toute cette masse de mimétiques stupides qui aiment tous la même chose, &c.
Vous voyez le topo, n'est-ce pas. C'est un peu comme quand (exemple pacificateur) les Beatles commencèrent d'être connus, et de ce fait appelés des vendus et traîtres, et délaissés par les fans hardcore de la première heure : on se glorifie toujours d'une connaissance obscure, pas d'une chose qui intéresse tout le monde (là c'est plutôt à fin de socialiser).
Et pourtant, ce n'est pas parce que plusieurs dizaines de millions de gens aiment One Piece, Dragonball, Naruto, Bleach ou que sais-je encore, que l'un ou l'autre de ces titres soit tout à fait mauvais, ou que ces millions de personnes soient complètement idiotes.

Du reste, au Japon également, le mot a un sens péjoratif : quand vous entendez une mère dire à son fils Tiens-toi bien Habille-toi mieux, on dirait un otaku — soyez sûr que ce n'est dans un but très-flatteur, et trahit bien plutôt une méconnaissance totale de la chose due à une assimilation au Harajuku télévisé, en sus du sur-couvage maternel habituel.
Mères mises à part, pour les autres, eh bien moins d'exclusivité et de discrimination, m'est avis, qu'à l'Ouest : l'otaku s'occupe de son monde, fait éventuellement partie d'une petite ou grande communauté, &c. — il vit sa vie, quoi, dont son hobby sérieux fait partie. Même si le comportement peut virer au délire et à l'outre-fixation, la réaction de l'otaku envers les autres otakus semble tout le même un poil moins puérile que celle de l'Occidental typique.

Enfin bref, on généralise, comme d'habitude.

Pour notre part ? Mmmh, otakuïté en vieux et moins vieux bouquins (assez avancée), anime-manga (medium) et, et quoi encore ? Bah, ce n'est pas très-important.

 Sweater Puri-Kyua (Pretty Cure) que j'ai volé à une gamine.
Non je plaisante : elle me l'a donné après avoir juste pleuré un peu.

Ahem.

Froid Choses Vide Humour Et bla


Jeudi, au matin, entre clope et café.

Il fait bien froid. Non que ce soit la Sibérie, on s'entend bien.

Petit soleil en passant, par ailleurs : c'est déjà ça.

D'humeur un peu plus légère et j'm'en-foutiste que ces jours derniers, due en partie à voir grossir AJB, qui a exactement un an. Ça file. C'est normal, on vieillit — ajoutai le Ludo dans un email auquel on n'a encor répondu.


Puisque mes deux patronnes ont un sens, étrange du "service" — comme du patronat, d'ailleurs, très dix-neuviémiste — et douteux du commerce, on se chargea de parloter avec quelques mamans, qui se passa bien.

L'idée trotte d'un nouveau blog, ESL / FLE. Réfléchir un peu, mettre deux ou trois choses sur papier, et on verra bien ce week-end.

Travian se poursuit décemment.

Le japonais est au point mort, même si l'apprentissage passif est quotidien : les livres, voyez-vous.

Tout va bien pour Softbank, tout va mal pour Toyota. Bah.


Un article des plus éclairants sur la loi familiale / code civil au Japon — ou le vide juridique post-divorce — et le rôle d'une jurisprudence peu innovante — lire : attardée.

Japon, pays s'il en est de la prophétie auto-convaincante, à défaut d'être réalisatrice. Variante : œillères, doigt dans l'œil, inchangé.

Amusant de voir que l'humour, certes un peu particulier, des chroniques ne passe pas forcément. Tant mieux : si l'on devait contenter tout le monde, on ne serait pas sorti de l'auberge. Bah.

Allez.


Chronique d'un suicide annonce

  
C***, 23 ans

C***, 23 ans, travaillait pour une grosse entreprise japonaise de transport qui, après le choc Lehman, vit sa clientèle fondre et dû prendre des mesures radicales pour assurer sa survie : C*** fut victime, comme tant d'autres Japonais, du licenciement économique.

C*** n'avait pas grande économie, préférant dépenser en amusements qui équilibraient le stress causé par un travail difficile aux horaires peu familiales. Ses parents étant morts dans un accident de la route deux ans plus tôt, ne lui laissant par ailleurs de petites dettes pour lesquelles il dut vendre la maison familiale, il ne put "revenir au pays", comme il est de coutume chez les Japonais en transition d'emploi.

Après cinq mois de recherches infructueuses, il commença de désespérer, se mit à boire, ne put payer son loyer, fut mis à la porte par un propriétaire peu enclin à la charité — concept occidental s'il en est — et perdit avec son adresse postale, son adresse bancaire et autres maigres prestations sociales.

  
C*** : misère, solitude, dénuement.

On le voyait errer dans la galerie marchande ou dans les lotissements autour de la gare d'I***, dans la proche banlieue d'Osaka, à chercher dans les poubelles le moyen de sa subsistance, ou dormir sur le banc d'un parc, sous l'œil désapprobateur et craintif des mères au foyer.

Chaque jour il semblait prendre une année, il maigrissait et les traces de la misère et de l'usure se faisaient de plus en plus nettes sur son visage, ses vêtements.

C*** eut le destin qui menace plusieurs milliers d'hommes et femmes au Japon et dans le monde, placés peu ou prou dans la même et désespérante situation que lui : il se jeta du haut du pont piéton qui enjambe la galerie marchande d'I***, alors même que les hauts-parleurs passaient en boucle des chansons de noël, que les couples joyeux faisaient leurs courses, que les enfants, chaudement emmitouflés, passaient bruyamment en courant à deux pas de lui.

Alors, les gens lui donnèrent, pendant une demi-heure, ce qu'il avait cherché pendant des mois : un peu d'attention. Puis ils retournèrent bien vite à leurs vies plus ou moins confortables, et le souvenir de C*** s'éteignit pour eux après le dîner, durant lequel l'anecdote du suicide d'un clodo fut racontée à toute la famille, qui lui préféra la météo du lendemain.

  
C*** sur le point de faire le grand saut du désespoir.
Après avoir pris la photo, nous ne parvînmes pas à temps pour le secourir : il nous vit et se hâta, résolu.
Paix à son âme.

Car la viande noire fait la nique aux crocs, madame !