Este Fare que Vacare Et bla




Mercredi, au matin.

Paris et son été, commencé fort-tôt cette année, et plaisamment : jours ensoleillés qu'on passerait bien en farniente et en notices nouvelles pour AJB, si n'était S. Soirs et nuits également agréables, transitions splendides de bleus divers, un calme relatif, pour clope et bouquin, en balcon. Festivités bruyantes (les bars noirs non loin) en veille de 14 juillet, sinon R.A.S., et c'est bien comme cela.

Ces gens qui, curieusement, rasent les murs.

Fond de café.




 Relocalisation sauvage des "campeurs" de la ligne deux, près Barbès, dans le parc, non loin, à présent et à son tour insalubre, d'où s'échappent immondices autochtones et rongeurs intéressés.

Ce règne de la société commerciale, qui a succédé logiquement à celle industrielle, et dont les deux caractéristiques marquantes sont la primeur de l'argent et l'absence de mémoire.

A quoi donc peut-elle bien tenir, cette mode persistante et intrigante, indo-paki, de la moustache ?

L'orgueil sans borne des hommes, de se prendre pour des animaux intelligents, au point de vouloir sauver à tout prix cette part imaginaire d'eux-mêmes, qu'ils appellent l'âme.

On a repris quelque peu la gratte. On est bien rouillé.




Opéra est un quartier froid, en particulier quand il fait chaud, constamment bondé, de tourisme commercial et culinaire, et d'exotisme (forcément) surfaits, où chacun contrefait l'autre.

Le manque de curiosité général, concernant toute chose. Une conséquence de la société du confort qui s'est installée dans le sillon de celle dont on parlait tantôt, et qui a trouvé en chaque femme un puissant allié.

Colportage, cloportage ! Se trouve-t-il des magazines bimenstruels ?

Bientôt en bord de mer.

Allez.




Toits de Paris, le soir, l'été




Les nuits sont magnifiques, également, et leurs lunes, plus ou moins pleines,
qui rappellent à soi quelques personnes qui manquent.

Par ailleurs, ici, le nombre de cheminées qu'on peut voir sur la vidéo :
savez-vous compter ?


Vélib : Vandalisme à Paris




Scène quotidienne et nocturne (ici le 25 juin 2015) de vandalisme des Vélib' à Paris, dans le XIXe arrondissement, par trois jeunes banlieusards qui ont cassé une dizaine de vélos avant de pouvoir en arracher trois (pour "rentrer à Bobigny", parce qu'il "n'y a pas de bus, c'est la merde"), malgré les sermons d'un habitant et d'un passant ("Vous pouvez bien monter à deux sur un vélo, non ?"). Désœuvrement, irrespect, idiotie, violence gratuite.

La vidéo est très sombre : à voire en pleine écran dans une pièce peu éclairée...

2106 HT again Voir Et bla




Lundi, au soir.

Ces derniers temps, jours estivaux ou c'est tout comme, dont on ne se lasse jamais. Il y a fort à parier qu'un climat californien m'irait assez bien. La côte méditerranéenne est plus proche, c'est certain. Mais bon, pluie depuis cet après-midi, et relative froideur, peu en accord avec nos sus-dites préférences.

Sauté deux semaines de bla : c'est que S est rentrée, ce qui restreint les disponibilités pour choses et autres, du fait de l'attention et de la complaisance permanentes dont il faut faire montre. Ah, les filles.

Travaux : dans les finitions et les petits trucs.

Umeshu.




Hier c'était la fête de la musique : tour à la Villette, en vue d'une Neuvième de Beethoven gratuite, tournée court pour des centaines de personnes qui faisaient la queue : c'était déjà plein et prévisible (idée de Madame). C'était la fête de la musique et pour la première fois on n'a rien entendu le soir venu (enfin, sauf une querelle probablement amoureuse en chinois) : merveilleux, étant donné la merdre bruyante que nous imposent chaque année les communautés du quartier. Hier, c'était aussi la Saint-Jean (qui a perdu toute sa signification et toutes ses traditions, et ça c'est désolant, car elles étaient de joie et d'exutoire, ce dont notre époque manque sans aucun doute). C'était également le jour le plus long : à 22h30 il faisait encore clair, ou plutôt pas encore vraiment nuit, ce qui nous convient bien en général comme en particulier. À partir de maintenant la part de jour se chagrine. Enfin bon, c'est comme ça.

"C'est comme ça, un point c'est tout" : la réponse des adultes ignorants au "pourquoi" qui dérange l'ordre établi. Qu'est-ce qu'on a pu l'entendre, dans un certain pays. C'est réservé aux enfants et aux étrangers — c'est qu'ils sont mis dans le même sac, et insultant pour les uns comme pour les autres, mais que voulez-vous ? c'est comme ça.




On a rajouté quelques petites choses superflues à propos du honne/tatemae.

Ça ne mange pas ça déguste. Ça ne chie pas ça fait une commission. Ça ne meurt pas ça quitte. Ça ne baise pas ça fait l'amour. Et il n'y a pas de mot pour l'enculade, forcément.

On bouquine pas mal ces temps-ci. Du Adachi Mitsuru... Ah ah. Et rebricole à la guitare (folk). Par ailleurs, fin d'année au Japon, histoire de récupérer l'électrique (JPM900) et le rack, restés là-bas depuis. J'espère que le tout n'a pas trop souffert des écarts de température et d'humidité entre hiver et été. Bah, on verra bien.

Se résigner d'une part, résister de l'autre. Et en faire une litanie, que jamais l'inertie et la pesanteur du tour ne nous le puisse faire oublier.

Allez.





Hors Barbes Faces Et bla




Samedi, en fin d'après-midi.

 Belle journée, passée en ménage (au sens utilitaire du terme, puisqu'S est encore au Japon pour quelques jours). Les travaux touchent fin : on a pu prendre la première douche (en vraie baignoire) depuis trois semaines. Celles prisent à la rude dans la cuisine, ne me manqueront pas.

Très rapidement, après la création de ce blog, juste avant le départ vers Japon, crois-je me souvenir, les dates de publication des billets furent masquées, et ceux-ci commencent — depuis quand ? je ne sais plus — par la simple mention d'un jour de la semaine. Deux raisons et vouloir-dire, à ces indices convergents : la non-situation de nos propos (si ce n'est celle-ci tout de même, soit : propos d'un homme né dans une société occidentale dans la deuxième moitié du XXe siècle ; mais même cela peut être superflu), et la répétition du même.

Fond de café froid, au lait.




On dit tout et son contraire sur la barbe. Porter la barbe, serait une tentative pour recréer le sexe de la femme sur son visage. Obliger de raser une barbe, c'est une castration symbolique. Se raser, c'est se faire ressemblant à la femme. C'est aussi se distinguer du sauvage. (Permettait-elle aux sauvages de se distinguer entre eux et de reconnaître qui baiser, en d'autres temps moins électriques, hygiéniques et faciles ? eh eh, cf. Gimli.) La barbe, fournie, taillée et huilée, est à la mode : la barbe entretenue est une coquetterie d'homme à homme. La barbe est également politique : c'est un attribut de résistance. (Au Japon, porter la barbe en Service Public est tacitement interdit, sous peine de licenciement.) La barbe est l'ennemi de la femme : elle pique, et lui rappelle, psychanalytiquement parlant, que l'homme est une bête impolicée (voir Bettelheim et La belle et la bête) : la barbe est désir brut. La barbe, c'est aussi un jardin.

 L'ordonnance du monde qui nous entoure est un appendice de notre être — ordre, désordre, à quel degré, de quelle manière. Signes de l'état de notre organisation et de nos processus mentaux. (Tout l'est, objectera-t-on : précisément.) De nos jours, il faut peut-être mois regarder l'état d'une pièce, que celui du "bureau" (desktop) de l'ordinateur, pour se faire une idée de la personne. Par ailleurs, les désordonnés ont la vie facile : loin d'être perturbés par l'ordre des ordonnés, ils y mettent simplement leur désordre. Et Sisyphe n'est jamais heureux.
 



D'A. Quel dommage. Qu'est-ce qui a pu la casser à ce point ?

Ici, et (dans l'ordre), deux billets sur le honne et le tatemae. Les commentaires sont intéressants, en particulier pour les deux premiers billets, où l'on voit l'acharnement des gens (en majorité nord-américains) à universaliser systématiquement, réduire, procuster, voire nier toute spécificité culturelle étrangère, et à refuser d'écouter et d'apprendre auprès d'autres qui en savent bien plus long qu'eux sur le sujet.
EDIT : Il y a une partie 4 et même une cinquième, et c'est un peu dommage, car l'auteur (qui est probablement pas très vieux) voit vraiment du H/T partout, tatemae qui a bon dos de récupérer les mensonges de toutes couleurs, en tout genre et en tous domaines (alors que, par exemple, le discours politique, ce n'est pas du tatemae : c'est simplement de fausses promesses faites à des idiots en vue de se faire réélire). Comme dirait ce vieux filou de Barthes (quel faussaire celui-là, tout de même) : Si le tatemae est partout, alors le tatemae n'est plus nulle part. Cet "edit" me donne l'occasion de formuler un bout du fond de ma pensée (comme on dit) : le honne fut inventé pour (se / leur) donner l'illusion que tout n'était pas façade. Le tatemae, c'est un simple outil de réduction des frictions en société, c'est une machine à confort collectif, imposé via une mythologie nationale ("Il existe un honne et un tatemae ; pratiquer le tatemae ne porte pas atteinte à votre honne, lequel peut ne se montrer aucunement"). Pensez-y, e.g. : la moitié d'une conversation se déroule en général sur un modèle connu par cœur, telle réplique entraînant telle autre : quel confort, gokuraku gokuraku (pour un Occidental, c'est l'enfer). Mais bon, inversement, lécher des culs, dire des choses qu'on ne pense pas pour permettre à un tel de se défiler ou pour lui faire plaisir, ou pester contre son boss en cachette, ça ne suffit pas pour faire une individualité cachée, hein : le honne, ça n'existe pas, ce n'est qu'un mot (dommage pour ceux qui croyaient être quelqu'un alors qu'ils ne sont qu'un rouage dans une entreprise, et un porte-monnaie géniteur pour leur femme)(inversement, ouvrir sa grande gueule à tout bout de champ n'est garant de rien : peut-être mêm plus près de personne que de quelqu'un). Enfin bref, on va en rester là. (Sous-tendu de phénoménologie totale, si on veut : on est la somme de tous les "soi" manifestés.)

Deux hommes qui tous deux préfèrent la compagnie des femmes, peuvent-ils devenir des amis ? C'est qu'il manque le désir, et que la conversation des hommes les lasse.

De l'aveuglement volontaire. Qui dit n'avoir pas vu, n'a, bien plutôt, pas voulu voir.

Allez.


W.I.P. Mésentente Et bla




Lundi, la mi-jour.

Alternance d'avant-goûts d'été, et d'arrière-goûts d'hiver. Pluie et vents frais encore, et quelques beaux jours dont on ne profite pas guère.

Les travaux durent et se poursuivent, gâchant ce temps trop rare de célibat temporaire, madame étant en voyage. Outre l'espace vital réduit (seule la chambre n'est pas concernée par les travaux), le sommeil tronqué (lever rythmé par l'arrivée des ouvriers) et la masse considérable de poussière qui s'épand en toute part de l'appartement, nous est également dérobé notre moment préféré de la journée, à savoir celui de la douche, qui se fait présentement, tant bien que mal, devant l'évier de la cuisine, ce qui est peu propice au délassement à la réflexion vagabonde qui vont d'habitude de pair avec elle.

Fond de café.




D'après une connaissance japonaise universitaire qui a passé un an à Paris, à l'est des Buttes-Chaumont, une des caractéristiques remarquables (au sens de : qui se remarque, n'est-ce pas) du Français est qu'il est à la recherche de personnes dans l'embarras pour pouvoir leur apporter son aide. (Tant que cela ne lui coûte pas trop, a-t-on envie d'ajouter.)

Plus on y pense, et en quelque sens qu'on retourne la question, une seule conclusion : les femmes sont folles, prises dans leur lutte inconsciente, permanente, qui se mène entre leur nature (s'asservir un ou des partenaires auxquels s'accoupler et qui sauront subvenir à leurs besoins et apporter confort et stabilité, et ce à fin de nidifier, pondre et élever la progéniture), celle des hommes (paragraphe suivant, n'est-ce pas), et la culture (occidentale individualiste), irrémédiablement contradictoires.

Les hommes ont également leur lot de misère, pris qu'ils sont entre leurs impératifs géniques (subsister et s'accoupler avec le plus de partenaires possibles) et cette même culture (du couple, du mariage et de la famille). Par ailleurs, de ce lot de misère naît l'art. Bien sûr, nombre ont cessé la lutte.

Par ailleurs, également, ainsi posé à plat, on peut conclure que toute cohabitation entre les sexes est impossible (le seul temps où les intérêts se rejoignent étant l'accouplement). Par ailleurs, encore, on peut également constater aussi que le modèle culturel et social contemporain est façonné sur les idéaux féminins. Les sources principales du malheur de chacun sont cette mésentente, cet aveuglement féroce, conscient et inconscient, concernant ce que chacun ne peut que vouloir et contre lequel il croit devoir lutter. Quelle belle connerie, oui. Aller contre la nature, contre sa nature, n'a jamais donné rien de bon.




Myope aux choses du cœur dont je serais le principal intéressé.

On devient toujours plus ce qu'on est, bon an mal an. Beaucoup ne font pas ce qu'ils peuvent, ou pourraient, mais bien plutôt ce qu'ils veulent, en avançant diverses excuses.

Il ne manque pas de Japonais pour être surpris quand on leur fait savoir que la France aussi a quatre saisons officielles. Allez savoir.

Je suis résolûment faible et stupide. Se souvenir : ce qui dépend de moi, et ce qui n'en dépend pas.

Schneerosen mortes noyées. Reste le sphaigne, pour lequel j'ai un petit faible.

Allez.