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Papluie Ebibi Oui-Oui Et bla



Mercredi, au matin.

C'est froidure et soleil.

Quatre jours par semaine, s'il ne pleut pas, j'enfourche le vélo (une catastrophe, le vélo, même neuf : règne de l'enfoutage à vil prix, c'est dire : cher pour ce que c'est, comme bien souvent ici) et pédale de la gare d'arrivée à l'école ; s'il pleut, on vient me chercher en voiture. Cela fait bien deux mois qu'on n'a eu droit à l'automobile. Les potagers sont mécontents.

N'empêche qu'il pleut en weekend, parfois.


Il y avait de l'ambiance au 3e Salon du Livre animé.

L'ex-star (lire : il apparaissait tous les jours à la télé) du Kabuki contemporain, Ichikawa Ebizo, refait surface après son altercation nocturne bourré comme une pipe. Ah ah. Et les habituelles excuses la tête baissée, l'air mortifié, etc. Les infos le donnaient pour quasiment mort (fractures du crâne et j'en passe) ; il a l'air de se porter comme une fleur.

M'est avis qu'il y a du yakuza mercenaire dans l'air, et de l'acteur de kabuki ombragé et jaloux du succès de l'autre, derrière tout ça. Bah, façon commune de faire.

Ah ah ah, du fait de l'importante couverture médiatique récente, et sentant probablement l'opportunité (en est-il d'autre que financière ?), se peuvent à présent trouver les révélations de WikiLeaks (passées au rouleau compresseur) traduites en japonais.


Une truculente animation par Alan Becker. (Merci Jacques !)

Longtemps que je n'avais pas fait un tour sur cette feuille de chou minable. De l'article Gay Les Bi Trans de bas étage — ou de sous-sol ? Je crois qu'il faut faire comme avec tous les sites qui m'agacent : virer tout lien et signet des pages et de l'ordi.

Au boulot !

Allez.


Ninagawa's 12th Night Kabuki


Il y a une paire de semaines, c'était kabuki.

Je ne vais ni me répéter ni faire affront de redondance : allez jeter un œil du côté de l'épisode précédent — même lieu etc. — dont je n'ai pas seulement de bons souvenirs.

Ce coup-ci, c'était Twelfth Night de Shakespeare, à la sauce noble de cour japonaise, d'il y a un temps certain : 十二夜 en jidaigeki, donc.


Le prologue fut, en vérité, à couper le souffle. Pour le coup, j'aurais bien aimé filmer la chose.

La scène s'éclaira, nous laissant en compagnie notre reflet sur une machinerie impressionnante de panneaux-mirois géants — qui se révélèrent être sans tain : la lumière vint de l'arrière-scène, faisant apparaître un impressionnant cerisier en fleurs — ah, les pétales qui tombent au compte-goutte ! — sous lequel se tenaient un claveciniste et une chorale de trois enfants, qui se mirent à chanter divinement — toujours avec cette pluie lente et disparate de pétales, et les miroirs se levèrent pour dévoiler la scène en sa splendeur. Vraiment épatant.

La scène du naufrage fut presqu'également chouette. J'vais pas tout détailler non plus.


Le reste fut plus banal, assez fidèle à Shakespeare (= on se marre bien), assortis de moults effets de scènes pivotantes, et usage opportun des panneaux de miroirs. Une princesse assez peu convaincante toutefois, du fait de l'épaisseur du onna-gata — qui excella toutefois alors qu'il mima joie & hazukashisa (comment exprimer cela ? mon français part en couilles)(oups), au dénouement. Et toujours ces costumes de toutes couleurs, et le soin apporté au décor.

Chose amusante : grâce au miroirs, on put apercevoir les ninja qui tirent les rideaux.

On dérogea à la règle, et prit tout de même une photo du salut final.

Ce fut plus court que la dernière fois (trois heures et des brouettes, deux pauses de trente minutes), et pour le coup on passa un très bon moment. Ajouter à cela qu'on avait pris les devants, ce coup-ci, et apporté bento.

La prochaine fois, m'est avis qu'on tentera, plutôt que la séance de 16 heures, celle de 11 heures du matin — c'est qu'ils sont tout de même bourrins : deux représentations par jour...


Osaka Hanagata Kabuki.


Mi-février (je sais : c'était il y a plus d'un mois ; mais publier plus de deux billets par jours, ça fait brouillon, et vous auriez du mal à suivre ; ), on nous traîna, pour la première fois, au 歌舞伎 (kabuki). Traîna ? Ben oui : la fatigue et mal fessier ne disposèrent pas à la meilleure volonté. Ajoutez à cela des sièges exigus et bas, et les quatre heures de spectacle furent un peu longues.

Avec un peu de recul : plein de couleur (les costumes de la pièce de fin) et plein les mirettes (le plateau tournant sous la neige de la première pièce ! et les toiles d'araignées de la dernière), trois histoires fort divertissantes (préférence pour la première).

La déclamation (qui rend le texte incompréhensible) est plus ou moins marquée. Le parler de la première pièce était quasiment identique à celui de nos jours (personnages d'origine modeste, quelques formes archaïques, rien de bien méchant). Le drame, c'est l'ors qu'apparaissent nobles et guerriers (Heike & Genji dans la seconde pièce) : là, il faut vraiment s'accrocher pour distinguer quoi que ce soit.


Bien agacé par la pratique du 掛け声 (kakegoe), interjection (nom d'école, d'acteur ou de posture, semble-t-il) lancée par une poignée d'amateurs éclairés du public, juste avant qu'un acteur prenne une des poses traditionnelles de montre (見得 mie), à fin d'attirer l'attention des ignorants et de manifester sa satisfaction — よろずや! La rumeur veut que ce soit un exercice particulièrement difficile, le timing étant très-important.

Aux entr'actes (deux fois trente minutes, si je me souviens bien), libre à vous de vaquer à ce qui vous plaît — la coutume veut qu'on apporte son bento, et qu'on grignote sur place. Avant la reprise, une véritable armée de staff aux sourires enjôleurs passe dans les rangs pour intimer aux spectateurs d'éteindre leurs portables — pas d'accident sonore ce coup-ci ; mais gageons que cela doit arriver...

Voilà, c'était le hanagata kabuki de février. M'est avis qu'on retournera voir le même programme après avoir bossé un peu, et conjecturé des auspices plus favorables !

Interdiction de prendre des photos pendant le spectacle — levée aux entr'actes.

Les mains de Toshusai Sharaku (2).


Suite des mains d'avant.

Il est aussi...

des mains d'apprêt et de pose, mains-éventail,
des mains de manières, et élégantes,
qui sont des mains, souvent sans paume,








des mains de repos, et de bon temps,
des mains à pipe,





une main d'alcool,
bien échauffée,


des mains de savoir, d'art,
de jeu, et de lumière,








des mains de cache,





des mains d'intrigue,


des mains d'abri,
des mains-mères,



des mains de lutte,


et mains d'entente.


hands ukiyoe japanese print sharaku kabuki actors theater sumotori

Les mains de Toshusai Sharaku (1).



東洲斎写楽 (Toushuusai Sharaku) eut une fortune étrange parmi les peintres et le monde estampique des ukiyoe. On n'en sait pas grand-chose, sinon qu'il ne fut actif qu'entre mai 1794 et janvier 1795... Un petit météore. Autre singularité, son œuvre ne compte quasiment que représentation d'acteurs de théâtre kabuki — le reste voit, entre autres, quelques sumos sympas, quelques jolis bois pour livres.

J'aime beaucoup ce corps-à-corps de poilus. ; )

Grâce au numéro spécial d'hiver 1975 du 太陽 habituel (Taiyo Special : Ukiyoe Series : SHARAKU), je vous invite, après l'incursion Utamaro, à une petite promenade dans le monde des mains mâles peintes par Sharaku.
Pourquoi les mains ? Bah, je ne sais trop. Utamaro fut tout en portraits — quelques revisites mises à part —, et l'uniformité me soûle d'une ivresse peu agréable : plans rapprochés, donc.
De menottes — qui, en vérité, parlent — d'il y a un peu plus de deux cents ans.

Bonne promenade.

*

Il est d'abord...

des mains d'intimide








et des mains de guerre,






des mains d'attente, mains d'écoute,







des mains de montre,


des mains d'affaires,



des mains tu-me-cherches ?!






et mains de fâche.


Les mains suivantes.
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