Calendrier japonais 2009 : février.



Brèves de sabbat.



Samedi matin. Grisaille, dehors ; en tête aussi, et la fatigue : on se reposera un autre jour.

Le calvaire des papiers & formalités.

Plus que quinze jours. Hâte que.

Hier, en train et retour, joli visage aux cheveux courts.

Hier soir, avec M & S, bar-tapas que S voulait tenter : bruyant, outre-chauffé, bouffe minuscule et quelconque ; six tables et comptoir — à part un couple, toutes 35-45 ans à s'amuser entre copines.

Le Whisky Cat qui suivit fut plus tranquille, et nous pûmes parler. Long-temps que je n'avais bu de Kilkenny.

Tokyo c'est loin. Bon retour, à la prochaine.


P bien rentré à Shanghaï ; H aussi, semble-t-il.

Tiens, le Japon se rassure comme il peut, et ne bronche à l'insulte — ou ce qui pourrait être perçu comme tel — d'être le clebs des USA. Et la Chine (traduction) : mais le Japon nous servira bien pour asseoir notre domination économique et statut de rival des USA, qu'on dépassera par ailleurs bien assez tôt ; arrêtez juste vos vaines idioties révisionnistes ; en échange on vous filera même un coup de pouce pour un siège dans ce truc symbolique sur lequel vous lorgnez tant.

Écrire à A.

Rien à voir : alors que je cherchais la phrase exacte pour la citation du médiocre truc d'hier, tombé sur toute une collection d'extraits du magnifique Who framed Roger Rabbit ? — autant dire que cela m'a distrait quelque temps.

Je n'en ai rien à faire, que distraire soit défectif : le passé simple me manque. Depuis quand le passé composé en est une alternative ? Qu'on ne me parle pas de distraya — de distrayer ?

Bon, temps d'aller bosser : on continuera plus tard, peut-être.


WWWJDIC's Multi-Radical Kanji Search



Voici une interface bien pratique et bien faite, que j'utilise assez souvent pour rechercher les kanji japonais que je ne connais pas — autant dire qu'il en est une sacrée pelletée — : Japanese Multi-radical Kanji Search, la recherche des kanji par clés multiples, sur le dictionnaire en ligne Jim Breen's WWWJDIC : il suffit de cocher les clés présentes dans le kanji à chercher/analyser, et cliquer. L'on peut en suite consulter l'ensemble des composés comprenant le kanji en question : bien pratique encor.

D'autres références se trouvent par ailleurs au pied de la présente page, sous la rubrique Langue Japonaise.

黒肉 (1) : Grévistes, encore un effort...


La Longue Marche mène au Ciel.

*

En vérité, la France vit, ces derniers mois, ces dernières semaines, ces derniers jours, vivra demain, des temps glorieux — des temps de grève.

Comme l'éthylomogie japonaise le confirme (ストラ•行き, sutora-iki : la marche du sutra), la grève est une prière en marche. Elle est un acte saint et superbe, une terrible croisade, qui croît de trève en trève, affermit les convictions des communiants, et aux ennemis de laquelle ne laisse que jurons de dépit et d'impuissance. En bouche.

Une grève est un acte pan-religieux. De fait, on rencontre parmi les croisés nombre différents croyants : c'est le propre de la grève de fédérer les opposés dans un même élan mystique.

Tous sont mûs par un credo unique : la foi en SOI.
Une part non-négligeable est animée d'une foi inébranlable en DIEU, quel qu'il soit. A titre d'exemple, voyez la dernière manifestation céleste sur terre : les croisés luttent obtenir tout (argent, temps, sécurité, services, assistance, &c.), en échange de rien (gratuité de tout ce qui précède, et plus) : cela pourrait relever de l'intervention d'un dieu sur terre.
C'est pourquoi le cortège des revendications est proprement liturgique : un service pour le peuple.
La liturgie gréviste est orchestrée par les ministres de la foi, nommés syndicats (originairement ordre missionnaire millénaire et péruvien, les Saints d'Ica), qui ne craignent pas, dans leur miséricorde, de prendre siège à la même table que ceux qu'ils combattent, et de raisonner, pour le bien de tous et, modestement, le leur (ils ne remplissent que leur office, et ce n'est que justice).
Les autres Grévistes ont des envies Diverses.

Les moyens sont toujours radicaux et pacifiques : on cesse tout travail, emploi, service, et marche longuement en rue (les transports en commun étant paralysés, ne restent que les pieds). C'est dire le vœu de non-violence, et l'esprit de sacrifice sans pénitence, de cette active communauté. Les enfants même cesse d'aller à l'école : il faut les écouter ; car on sait ce qu'on dit de leur bouche, et de ce qui en sort. Chiens et chats se mèlent à la foule, le coq et l'ipod chantent, la vache hennit, c'est un miracle, et le canard.

C'est en vérité droit divin, reconnu par notre constitution séculaire, et devoir de chacun. Nous toucherons en effet à l'extase le jour où les politiciens, patrons, professions libérales, hospitalières, juges & autres, feront fi de leurs petits tracas et vaines obligations — le jour où TOUT LE MONDE se joindra à ce joyeux cortège corréligionnaire de paix et de justice sociale. Et universelle.

Je ne saurais exprimer l'intensité de mon sentiment à cette pensée, qu'en paraphrasant Judge Doom.

My God, it'll be beautiful.

*

Votre toujours-serviteur.
Car la viande noire fait la nique aux crocs, madame.

Kurama Tengu (1940).



Ce jour, quelques clichés des gravures de 鞍馬天狗 (kurama tengu, Le tengu du mont Kurama — qui par ailleurs se trouve au nord de Kyôto), un fascicule et livret explicatif en date de 1940 (昭和十五年), de la célèbre pièce de théâtre nô (cinquième groupe, toutes cinq écoles) attribuée à 宮増 (Miyamasu, XVe s.).

Je trouvai charmantes les représentations des personnages, en tête de page, bandeau, et manière de disdascalie (proprement en rouge dans le texte), et prit ce livret parmi la pile d'autres — c'est que la place est vite envahie. Le frontispice et les représentations du shite sont, m'est avis, particulièrement réussis. Voyez plutôt.













japanese noh plays

Bleu et bla.



Jeudi. Et la clarté persiste. Hier, journée quasi-printanière, avec un allègre 15-20°C au soleil. Infiniment agréable. De tels ciels me donnent systématiquement envie d'envoyer valser boulot et autres contraintes — ce que, consciencieux à contre-cœur, je ne fais ni ne fis. Bah.

Suite des aventures nippo-culinaires avec le Pierro de passage : après tonkatsu, kushikatsu, curry-rice, ce fut au tour de l'oden coutumier — leur ochazuke est toujours merveille. Ce soir, sushi, a priori.

Et ce matin, tour au 100円ショップ pour divers souvenirs. Amusant, par ailleurs, cette appellation de "souvenir" : de l'être mis en avoir, qui n'a plus grand-chose d'immatériel.


Je suppose que je geins souvent, au départ pour le boulot. Si je pouvais, j'aimerais mieux pas — comme dit l'autre. C'est, aussi et toutefois, un réflexe suivant la politique du pire : je ne m'attends à rien de bien, pour quoi que ce soit. N'attendre rien, des événements, des gens, &c. : au moins, point de déception. Contre-coup, aussi et probablement, d'avoir osé attendre autant des gens que j'en attendais de moi-même — grosse erreur, dont on revint.

Reste que, de ce fait, je traîne les pieds mais me bouge, et en général m'amuse bien — au boulot ou ailleurs.

Rien à voir ; mais, plutôt rafraîchissante, cette capacité d'émerveillement des Japonais(es, en fait) : Aaaah... Ooooh... Eeeeeh... — et ce qui est agaçant quand on les voit défiler à l'étranger devient, du fait de la banalité de la chose, ici, une petite éclaircie. Le mimétisme automatique, par ailleurs, a tôt fait d'adopter. Bien sûr, dès que les pensées solitaires reprennent leur cours — s'étonner, n'est pas sonder, même si c'en est le point de départ —, c'est autre paire de manches.


Petite remarque sur l'encre, "de Chine", au Japon.
On envoie de coutume, et cela va de soi, un petit mot, de félicitations aux occasions heureuses — pour mariage ou naissance par exemple —, de condoléances aux occasions moins réjouissantes— mort dans la famille &c. Reste que le degré de dilution de l'encre est également porteur de sentiments et message : on use d'une encre foncée pour les congratulations, à fin que la réjouissance perdure, et d'encre claire pour les mésaventures, à fin que la peine passe et qu'on se remette au plus vite. Ah, l'attention au détail.

Enfin bref. Préparations au départ !


Asahi Satoko.



Ce coup-ci, j'aimerais vous présenter le monde peint par une copine, sise au tour de Tokyo :
朝日聡子さん (Asahi Satoko).

Ici à droite ; )

C'est une correligionaire acrylique, fonds dégradés, objets aux traits précis, et obsessions de plantes et d'oiseaux. J'aime aussi assez la petite série circulaire des monts-horizons.


Asahi-san tient une galerie virtuelle, fonction des derniers ouvrages, liée, entre autres, à un album Flicker, et un petit blog.
Elle s'en sort plutôt bien dans la foulée de l'université, avec le Shell Art Prize en 2004.



Elle tient environ une ou deux expos par an, et décida de s'activer, récemment. Les deux dernières expositions en date, si je ne me trompe, eurent lieu chez 森岡書店, galeriste-libraire à Kayabachou, et chez Gallery b. Tokyo, en duo — collaboration amicale débutée il y a un peu plus d'un an, justement chez Morioka : 朝日さん aux couleurs, 岡安さん à la voix.



Bien sûr, c'est comme n'importe quelle peinture, photo ou autre : rien ne sert d'en parler, ça se montre, il faut voir ça en vrai.

Allez donc y jeter un œil, ci ou là — la jeune fille est par ailleurs charmante !


Bla tard-matinal.



Mercredi, au matin. Fraîcheur et lumière. Agréables, ces derniers jours. Dommage qu'on n'en puisse pleinement profiter.

P parti pour 有馬 (arima), un peu plus tost : enviable !

De notre côté, impondérables, à présent : café-clope. On filera en douche et boulot, dans la foulée de ceci.

...

Eh, ici aussi on a droit au porte-à-porte des prosélytes de (l'agent) Smith de l'Église de Jésus-christ des saints des derniers jours. I'm all set, thanks.

Où en étais-je ? Nulle-part, semble-t-il.


Ah, problèmes à répétition depuis que j'ai rapatrié mon compte feedburner sur google. Grrr. Désolé pour les utilisateurs d'un lecteur de flux : ça risque de changer d'adresse (quand j'aurai le temps). Je ne saurais par ailleurs trop conseiller à iceux et icelles d'user de marque-page dynamiques ou autres : la mise en page est faite pour le blog. Enfin, j'dis ça j'dis rien.

Grève générale du salariat, semble-t-il, là-bas au loin : amusez-vous bien...

Caricaturale de nos temps démocratiques — en lesquels on préfère niveler par le bas plutôt que d'élever la masse —, l'entreprise éventuelle de réforme du vocabulaire médical, à fin que docteurs et patients puissent se comprendre. Quand j'entends des gens plutôt cultivés me parler de "mauvais sang" et d'autres résurgences médico-médiévales, je me dis que ce n'est pas gagné. D'autant plus que l'auto-médication est, au Japon, diablement développée — idée : obliger les médecins à user du jargon châtié qui se trouve sur les boîtes de médicaments de supermarché ? Mmmh. Enfin bref.

Trouver du travail au Japon ? bougez-vous — que voulez-vous savoir d'autre ? Ce n'est pas quelque chose qui vient à soi — sauf coup de chance relationnel ou autre, qui n'a, la plupart du temps, certes rien à voir avec l'étendue de vos (in)compétences. C'est partout pareil, quoi.

Allez, le temps presse, et je n'aime pas ça !


Mille kanji et trois manières (1913).



Une fois n'est pas coutume, voici un in-4° et livre d'étude de 1913 (大正二年) : 三軆千文字 (santai senmoji ? — mille caractères en trois formes).

Sont ainsi (re)présentés 1000 signes, en les trois styles d'écriture, de calligraphie, principaux : 草書 (sousho, sosho, style cursif, ou style d'herbe), 行書 (gyousho, gyosho, style semi-cursif, ou courant) et 楷書 (kaisho, style standard, ou régulier, proche du style "manuscrit" en typographie).


Et c'est à la fois instructif, et fort joli ouvrage : tous ces caractères furent bien évidemment tous gravés (sur cuivre, m'est avis), et la précision de la chose donne un indice sur la dextérité du graveur. Et le contraste de l'encre et de la page...

Et un lien wikipédique pour quelques précisions sur les styles calligraphiques extrême-orientaux [en].








japanese chinese calligraphy styles

Mardi, Mozu, Miam, Manières, et bla.



Mardi. Quelque temps sans bla, n'est-ce pas.

C'est qu'un peu occupé par le passage de Pierro par-ici, en sus des choses habituelles, certe un peu rognées, du fait de.

Le temps clair tombe à point ; un peu de soleil ne fait jamais que du bien.

Les jours filent, comme de coutume.


Hier petite marche au matin, du côté de 百舌鳥八幡宮 et des 古墳 environnants : bien agréable. Même s'il fit frais, caca de poule pour P, qui se tapait encore -15°C, il y a deux jours, à deux heures trente d'avion d'ici.

Sentiment étrange, de faire le guide. On en profite pour se perdre, aussi, au passage.

J'entends toutes sortes de choses et d'anecdotes sur la vie à Pékin, à Shanghai — autres façons de.


Au soir, 串カツ attitré d'Abiko, et menu seize bâtons, qu'on n'avait tenté jusqu'à présent. Ça n'ajoute rien : les deux dernières brochettes du menu douze bâtons sont une conclusion : le surnuméraire est juste quantitatif : plus de gradation dans l'ordre des saveurs. Cela dit, ça reste diablement bon. Bâtons-desserts au-dessus. Et le sorbet à dix yens...


Les choses pour le déménagement se poursuivent. Une de moins, avec le déménageur, passé ce week-end pour évaluer que-quoi, et qui, en fin de compte, nous vide tout l'appart' — et il y en a — pour 18.000 yens. Un samedi. Magique.

L'autre jour, dans le train. Tous sièges occupés, entre un grand-père à cane, qui s'arrête devant la rangée de soudains pionceurs, avec une tête "y en a bien un qui va me faire une place" — pensez-vous. Et là, il nous sort à voix basse, mais suffisamment forte pour que tout le wagon puisse entendre, au sujet du plus proche pseudo-ronfleur : "Oh, celui-là il fait semblant de dormir !" Ça me fit bien marrer ; l'autre de ne bouger pas. Eh.

Puisqu'on parle de train — le gaspillage : chauffage à fond dans les wagons, et ces portes, aux arrêts, grandes ouvertes sur le 0°C de la rase campagne... Nid à rhumes évident. Au moins le chaud-froid-chaud ferroviaire change-t-il du froid-chaud-froid, en été — que je supporte moins bien encor.

Enfin bref — à la douche : salutations.


Oruchuban Ebichu !


Et voici l'un de mes préférés... l'inclassable Ebichu !


おるちゅばんえびちゅ (oruchuban ebichu : Ebichu garde la maison) est un manga de Itou Risa (伊藤理佐) et un anime produit par le studio Gainax. C'est dit.


L'histoire ? celle de la vie quotidienne, à travers de petites saynettes d'une animation et d'un trait des plus simples, d'un hamster femelle parlant, animal de compagnie d'une O.L. fichée d'un petit copain peu fidèle — surnommé Bon-à-Rien par notre hamster favori.



Bah, me direz-vous. Certes, si Ebichu ne s'adressait aux adultes, et ne repoussait la limite de ce qui peut se montrer à la télévision japonaise — la version non-censurée n'est par ailleurs disponible qu'en DVD —, en matière de sexe et de maltraitance animalière !

La vie sexuelle et les problèmes du couple sont passés en long, large et travers avec un humour explicite et décapant — point de ce pudibond et risible fanservice pour ados boutonneux brimés —, et l'on retrouve tous les thèmes, poncifs et petits soucis journaliers du registre : 25-28 ans et célibataire, séduction, lingerie, "frivolité" masculine, "sérieux" féminin, coups de fil anonymes, masturbation, éjaculation précoce, sodomie, "fetishes" divers & variés...



Et, pour causes de propos souvent indélicats, décalés, inappropriés, crus, Ebichu, pleine de bonne volonté pourtant, dans sa tentative désespérée de divertir et défendre sa maîtresse, s'en prend la plupart du temps plein la figure, sans jamais comprendre ce qui lui arrive. Ça vire vite de l'eau-de-rose au gore le plus sanguinolent.




A vrai dire, un seul personnage, Maa-kun, est bien-disposé envers Ebichu : c'est qu'il en pince pour le hamster, et, faute de pouvoir assouvir sa passion, fout sa femme, toute surprise et ravie de ce regain de gaillardise, en pensant à sa boule de poil préférée...


Une mention spéciale pour la facette "super-héros" d'Ebichu, le bien-nommé Ebichu-man, qui sauve ceux des deux sexes qui ne parviennent à jouir... Hilarant.



Bien entendu, Gainax a parié ici sur le mélange des genres : "obcénité" — ou ce qui vécu comme tel — et "kawaii" — ou ce qui est censé être tel, でちゅね. Et c'est diablement effectif, et à voir sans faute : un peu d'air frais et léger hors la "moralité" contemporaine.

Gageons toutefois qu'Ebichu laissera froids moults lecteurs et téléspectateurs, à commencer par nombre d'XX, qui riront jaune faute de savoir comment prendre cet OVNI — n'oublions pas toutefois que le mangaka est une mangaka, ce qui veut dire que tout n'est pas perdu ! N'est-ce pas Ebi-chan ?