La maison japonaise moderne.




Une maison japonaise moderne citadine se construit en un mois, chrono en main, à raison de quatre travailleurs (charpentiers, maçons, électriciens, c'est selon) présents tous les jours — ou presque.

L'époque des murs de boue et d'entrelacs de branches, des cloisons de papier de riz, des parquets etc., est bien loin : on fait à présent dans le moderne, le standard, le matériau chinois bon marché, et le rapide. Les normes anti-sismiques (hein ?) doivent jouer pour une part : l'armature est de bois, les murs épais comme un livre de poche, les vitres comme une page des dits livres, l'armature des portes et fenêtres plie sous la pression d'une main d'enfant de trois ans, et laisse passer tout l'air nécessaire à l'aération totale de la maisonnée. À fin que la maison japonaise soit bien fraîche en été. En attendant, on se les caille sec en hiver. Le chauffage, quand il n'est pas intégré, électrique, couplé d'un air-conditionneur et bouffeur fou d'électricité, est portatif, au gaz. En sus de laisser passer l'air, murs et cloisons permettent également l'entrée aux divers bruits de la rue, à fin que l'on ne se sente jamais seul(s, e, es) : délicate attention, particulièrement lors que passent dix trains à l'heure, à trois mètres de là — comme c'est effectivement le cas pour la photo ci-dessus.

On pourrait penser qu'une telle maison a un prix plus que raisonnable : c'est vrai, pour le constructeur ; mais le client paie le prix fort : regardez les prix dans les dizaines de prospectus qui arrivent chaque jour dans vos boites postales. Ce n'est que justice : le Japon étant le Pays du Service, le service se paie plus cher que les matériaux et la main d'œuvre.

(Accessoirement, vu que les bâtisses ne sont pas faites pour durer, cela permet à l'entrepreneur de revenir pour faire réparations et rafistolage, jusqu'au prochain printemps.)



En suite, le marché immobilier étant ce qu'il est, la rentabilité d'espace est également de mise, et tout est comprimé, condensé, à la fois dans la maison (le garage est souvent intégré, vu que le parking est un concept occidental, ainsi que le trottoir), sur le terrain (jardin de 23 cm tout le pourtour des murs), et tout autour, donnant des lotissements particulièrement denses, favorables, selon le POS, aux altercations mitoyennes (l'autre jour quelqu'un tua son voisin pour une histoire de plate-bande et de mauvaise volonté).


Des amateurs ?
Moi ? je m'exile à la campagne.


3 commentaires:

Clarence Boddicker a dit…

Ahhhh le charme inoubliable des maisons en carton pâte ! Quand le froid vous mord en plein sommeil, qu'on entend les voisins ronfler, et que le bruit des trains fait vibrer le simple vitrage !

Qui douterait encore du protectionnisme ambiant au secteur ?

Malheureusement, je crains que la campagne ne se soit aussi enlaidie, autant urbainement que matériellement...

Toujours partant pour l'exil ? ;-)

Clarence, il bosse dans le BTP

n a dit…

Ah, c'est sûr que dès qu'il y a un bout de plat, ils y mettent quelque chose — maison, immeuble, parking ou pachinko...

Il est toutefois encor pas mal de coins — et pas forcément à Hokkaidou, où il fait un peu trop froid pour moi — où il n'y a pas grand-monde, et du vert, du silence.

Reste à assurer ses arrières question boulot ! On y pense, on y pense.

Moins l'exil que la salvation !

; )

christian Lefebvre a dit…

Intéressant tout ça.