Haïku de saison : Le Lac, la Carpe et l'Ordure.


Près un petit lac




une carpe nonchalante



sur un lit d'ordures.



Bla de tempérie, Moriyama, et d'autres.


Samedi, fin d'après-midi déjà. Ça s'éclaircit ou bien pleut, on ne sait trop.

Tri et trifouillage des photos de la dernière quinzaine, entre hier soir et ce matin.

À parcourir le résultat, je suis d'humeur très Moriyama Daido, il faut croire.

J'ai a priori de la sympathie pour les gens qui font les choses à contre-temps — genre : du noir et blanc contrasté à gros grain. Sauf que, si l'on réfléchit une seconde, il faisait déjà la même chose dans les années soixante, après son passage chez Iwamiya et Hosoe — et c'était à l'ors de l'avant-garde. J'ai aussi, a priori, de la sympathie pour le versatile et le dilettante.


Je ne sais trop ce que cela veut dire Rester fidèle à soi-même. Un raccourci de critique (n.m.) un peu facile, peut-être — comme tout ce qui touche à la prose sur, d'ailleurs. C'est souvent qu'on ne peut pas faire autre chose. C'est parfois qu'on préfère déposer marque de fabrique, ou presser le citron jusqu'au pépin, ou recueillir le jus où il se trouve. C'est aussi peut-être une obsession, qui m'est bien étrangère.

Au moins a-t-il peu versé dans la compromission commerciale — je pense à Araki, ou Shinoyama, qui faisaient de bien meilleures choses à leur début.

Bah, ils n'eurent peut-être pas tort, car l'argent ce n'est pas rien. La renommé, et ses side-dishes, non plus.

Allez, à quelque chose dont on aimerait dire sérieux ; mais beaucoup s'en faut.

Envies récurrentes, ces derniers temps, d'accroître outre-mesure les libellés de ces pages — on verra.


Odeurs et parfums


On n'échappe pas à son nez, ne pouvant cesser de respirer. De ces fragrances ou puanteurs ne reste qu'une reconstruction mentale intransmissible.

Reste encor à inventer ou commercialiser, un lecteur-enregistreur de parfums et d'odeurs. Un capteur décomposerait la carte moléculaire au moment de la prise, de petites cartouches les recomposerait artificiellement au moment de la lecture.

De même pour les saveurs.

Car s'il faut se fier à sa mémoire, on risque encor de tomber sur une madeleine.

Photographies de photographies

Il est un exercice auquel, forcément, je m'adonne quotidiennement ces derniers temps, et qui se révèle des plus intéressants : la photographie de livres, et plus précisément la photographie de photographies. Le tout est de montrer des œuvres célèbres sous des jours neufs et à l'œil contemporain attirants, de mettre en valeur des choses moins connues, ou encor de réaliser des compositions au moyen d'un faisceau conséquent de clichés. Le côté passionnant de la chose est qu'on ne dispose, ni d'un temps, ni d'un nombre de clichés illimités : cela se décide sur le vif, et une photo passe ou ne passe pas — et alors il faut reprendre ; mais ce n'est plus pareil. Tout comme il y a presque une centaine d'années les reporters-photo n'avaient à leur disposition qu'une ou deux paires de clichés pour couvrir tout un événement — que ce fût le Débarquement ou la fête foraine locale — et étaient renvoyés sur le champ si sur quatre clichés il n'y en n'avait un de bon à tout le moins, il est nécessaire, m'est avis, de garder précieusement ce sentiment d'urgence. C'est lui qui révèle l'Œil du photographe : on ne peut façonner son sens et son goût que dans une certaine mesure. À présent qu'on peut prendre un millier de photos d'une même chose, en quelques heures et sans coût, ce sentiment d'urgence a probablement été remplacé par quelque idée-guide du genre " Sur la centaine prise aujourd'hui, s'il n'y en a pas au moins une de bonne..." Et puis, quand bien même, il y a toujours, à la rescousse, Photoshop, Lightroom, Graphic Converter et que sais-je — qui prennent et font perdre un temps gigantesque. On me dira que c'est une autre époque, avec d'autres instruments, une autre façon de travailler, que tout est devenu bien plus simple — mot magique de nos temps technologiques — à la fois pour le professionnel et l'amateur. Reste que le talent, même si ça se cultive, ça ne s'invente pas.

Free space


Il faut croire que l'espace bitumé, au contraire de la verdure, est au Japon une denrée trop rare, à voir le nombre de constructions inutiles — tel ce parking toujours vide, entre Nakamozu et Shinkanaoka.

Toujours vide ? Autant pour moi, on comptait deux utilisateurs tout de même, ce jour-là...


Onsen à la maison ?


Rien ne vous empêche, par ailleurs, de faire onsen à la maison : on trouve des boites de petits sachets de poudre, censés, une fois dilués, reproduire les eaux, et leurs fragrances, des plus prestigieuses sources d'eau chaude japonaises, minéraux et tout et tout.

Assez sympa, je dois dire !
L'emballage aussi.


Junon et Mars, Héra, Arès.




Mardi au soir, bien fatigué. La gorge ne démale pas. Tsss.

Excellent restaurant français à Tetzukayama, ce midi. Le menu du midi, un bonheur qualité-prix. Est-ce raison d'en abuser ?

Tri de bouquins avant les cours, vive l'express entre Sakai-Higashi et Kitanoda, bouquins encor à la sortie, Nakamozu. Demain c'est mairie au matin.

Où sont les choses ?




Il a fait beau il a fait chaud ; le masque est rare en train, métro.

Collèges et lycées reprennent du service ; au tour des primaires, par endroits, d'être en arrêt. Much ado about nothing, methinks.

Un peu frais.

Le parapluie est orange, en gaine bleue, et la nuit noire, un peu trop claire.




Déclaration des impots sur le revenu au Japon & Sakai Minami-kuyakusho.


L'arrondissement-sud de Sakai s'est doté, il y a peu, d'une belle mairie où l'on trouve, comme souvent, les services de sécu, de retraite, etc. — elle recueille même les déclarations d'impôt sur le revenu (shotokuzei) en période de remise (mars).

Vous n'avez qu'un petit baito ? ou faites-vous toutes vos heures, mais votre employeur japonais a une bonne vieille mentalité paysanne et refuse de vous déclarer, histoire de n'avoir pas à payer vos frais de transport, la moitié de votre sécu etc. ? Fort à parier que vous aurez à aller faire un tour au centre des impôts le plus proche, ou à votre mairie d'arrondissement.

Là, muni d'un petit papier de votre employeur disant combien vous avez touché cette année (invérifiable), du couple alien card / inkan et de votre livret bancaire (au Japon il y a carte et livret, qui sert à toute opération), après quelques minutes d'attente, un premier aiguilleur interviendra, vous passera à la préposée à l'aide au remplissage, qui vous aidera au dit remplissage (n'en attendez pas des merveilles : ce sont comme vous des baito...), vous passera à son tour au préposé à l'enregistrement des déclarations (souvent ibid.), qui passera, après vérification, votre feuille au préposé à la saisie des données, l'ordinateur calculera la somme due, on vous remettra l'imprimé, et voilà : le tout sera débité (ou crédité) sur votre compte en banque.

S'il y a erreur ou remord, vous pouvez toujours aller rectifier votre déclaration au bureau des impots (zeimusho), où des personnes autrement compétentes vous attendront, bienveillantes.


Sachez que si vous êtes en régime de baito — c'est-à-dire que vous payez vous-même la sécu, la retraite, les transports, etc., non prélevés sur votre salaire — vous pouvez déduire plein de choses — encor heureux — du montant imposable, à commencer par les frais de transports (invérifiables, semble-t-il, et aucun reçu demandé : vous pouvez doubler et dire que vous ne commutez pas de votre domicile, etc.). Pour le reste (frais divers liés à votre travail), le reçu est de mise.

En bon Français, nous sommes habitué au centralisme et à la rigueur — de plus en plus aléatoire, semble-t-il — bonapartiste. Au Japon — "le Japon est en Asie", n'est-ce pas — tout est plus vague, plus flou, tout se discute. L'employé de mairie, des impôts, ne fait que son boulot, ce n'est pas de son argent qu'il s'agit : il tournera l'œil d'un air entendu, vous suggérera divers moyens pour tourner les règles, etc., et tout le monde y met sa couche de gruge, du patron au fonctionnaire.

Vous pouvez même tenter the ultimate move : vous mettre à genoux et supplier, que vous n'arrivez à joindre les deux bouts, que vos parents dont vous vous occupez sont malades et vous sucent la mœlle, que... — et vous serez peut-être même exempté d'impôts pour l'année...

Sachez tout de même qu'un étranger qui paye ses impôts et joint le récipicé à sa demande de renouvellement de visa, est un bon étranger.

Bla de grisaille matinale.


Lundi, au matin. Grisaille, un peu frais, on se traîne à nouveau un rhume. Bah, chose d'habitude.

Amusant comme ces pages se muent en une collection de clichés usés jusqu'au trognon. Bah, la réflexion n'est pas en vogue.

Avez-vous remarqué ? Grâce à la grippe, la CRISE s'est résorbée d'elle-même, et le lynchage de ce membre de smap — vous savez, celui qui parle couramment CORÉEN — a été remis à une date encor imprécisée.


Retard phénoménal pris dans la charge de photos : c'est que vague récurrente de désintéressement concernant pas mal de choses. Envisager une sélection plus rude encor ?

Le café est froid. Tsss. Quelque chose cloche avec cette machine.

Envie-désenvie d'arrêt de clope. Le balancier comme figure de ce mois.

Il faudrait changer cette bannière.

Allez, au boulot.


Douche et Japon : Soir ou Matin ?


Vous êtes en train de raconter votre journée de désœuvré — comment vous vous êtes réveillé à l'aurore pour bosser de chez vous, ne fîtes pas de pause jusqu'à midi, heure à laquelle vous avez pris votre douche — et là on vous regarde avec des yeux ronds, puis ça fait tilt — Ah oui c'est vrai, les étrangers prennent leur douche le matin !

C'est qu'au Japon la douche, le bain, c'est au soir que cela se prend, c'est au soir qu'on s'y plonge. Un bain au matin, me dit-on, est synonyme de relâche, trop-plaisir et dépravation (en référence avec un personnage célèbre d'il y a long, dont j'ai oublié le nom). Et puis, il faut entrer en futon avec un corps sans tache (le reste du jour on s'en fout).

La réflexion s'accompagne (warning : généralisation outrancière) d'un sous-entendu et phrase de vieux cul nippon : le Japonais est propre, l'étranger est sale. Alors que question d'habitude inquestionnée, la plupart du temps.

Ceci dit, au moment où vous racontez votre journée à votre interlocuteur, il est fort à parier que celui de vous deux qui a pris sa douche il y a le moins long-temps, c'est vous.

Et puis je n'ai pas l'habitude ni le fétiche d'aller en société et cours — d'autant plus qu'aucune odeur marquée ne se dégage des gamins sinon celle, parfois, de merdre et pet — en habit olfactif de relents nocturnes.

Ceci dit, de plus en plus de Japonais(es) se douchent au matin, et je m'immerge parfois en bain, en sus, au soir, pour le plaisir — et l'illusion de faire onsen à la maison...


JapanCityLightsSeries (1)









Diverseries d'un ensommeillé samedi.




Samedi, au soir, en passant. Dormi tout l'après-midi après les cours : la fatigue et le rhume. Il fit très beau ce jour encor : que cela demeure.

La grippe est arrivée à Mihara-ku : les psychoses maternelles japonaises vont reprendre de plus belle.

Hésitations diverses. Achats de bêtises diverses. Entraves diverses à diverses envies raisonnées.

Un peu faim, de choux à la crème.




Tokyo Sanja Matsuri, en 1976




En passant, puisque c'est la période de l'année où, quelques photos d'un bouquin très chouette :

Matsuri no Kisetsu : Sanja-matsuri (The Season of festivals : Sanja festival / La saison des festivals : le festival de Sanja). Tokyo : Adon special issue, Showa 51 (1976).

Ah, de beaux hommes à demi-nus, et cette mâle promiscuité !