Tachiyomi. Suwariyomi ?


Tout le monde connaît à présent le fameux tachiyomi nippon — cette activité courue qui consiste à rester des heures planté debout dans quelque rayon de librairie de neuf ou d'occasion, conbini ou autre, à lire sans se soucier de ce qui se passe autour, sans se soucier, par exemple, des vrais clients qui sont là, non pour déposer des amas graisseux sur les couvertures, casser les dos et corner les pages, mais pour acheter des livres. Du coup, un nombre certain de livres neufs sont entourés de bandelettes empêchant leur ouverture, bandelettes que certains n'hésitent pas à enlever pour assouvir leur passion. C'est qu'il faut savoir que les Japonais sont accrocs aux activités gratuites — mot magique s'il en est, à défaut d'être sensé : ce n'est certes pas le gouffre du pachinko, mais il est certainement des activités plus enrichissantes que celles-ci. Le tachiyomi (lecture debout), vous l'aurez compris, est un des maux de la société japonaise.

Du coup, une grande librairie du côté de Namba (Osaka) a trouvé un compromis : plutôt que d'avoir des centaines de gens qui encombrent les allées et n'achèteront rien, mieux vaut les avoir hors du passage des clients potentiels : mettons-les sur des chaises, avec des tables, histoire qu'ils prennent leurs notes de lecture sans abîmer le bouquin qu'ils pillent.

Ce qui m'agace tout de même ?
Que tout le monde trouve ça normal.
Alors que bon, il y a tout de même un lieu où l'on peut lire des livres sans les payer : ça s'appelle une bibliothèque...

3 commentaires:

Madjid a dit…

Idem a Maruzen, a Nihonbashi ou Tokyoeki: des chaises, des fauteuils du cote des escaliers ou le long des fenetres... La FNAC des Halles a Paris n'avait elle pas fait cela aussi du cote des bandes dessinees, autrefois ?

n a dit…

C'est tout de même incroyable...
Mmmh, je crois me souvenir de sortes de poufs (les meubles, pas les filles) à la FNAC... A Strasbourg rien du tout : tout le monde s'asseyait par-terre dans les coins (c'était de la moquette) ; )

K. a dit…

J'avoue pratiquer le tachiyomi avec délice dans toutes les librairies possibles... quand il y a des fauteuils, je reste plus longtemps car j'épluche toutes les premières pages de gros tas de bouquins pour sélectionner un nombre raisonnable d'ouvrages que j'achèterai. C'est très utile, moins d'erreur d'achat et du coup on discute avec plein de monde, les libraires, ceux qui mettent en rayon, les autres lecteurs..la librairie n'est plus un vulgaire espace de vente, mais un espace d'échanges... rêve! Bibliothèque? Ah, pas pareil! Impossible d'anoter les bouquins de la bibliothèque. Et puis il faut les rendre, il faut donc les chercher parmi tous les autres, et puis on reçoit des réclamations pour reterd...enfin, bref, compliqué. Le tachiyomi, croyez moi est infiniment plus jouissif.