Photographie au Japon Et bla.



Jeudi, au matin.

Une petite éclaircie, un peu moins froid que ces derniers jours, une jolie lumière rasant les menottes et le clavier, un chauffe-pied bien-venu, et seulement deux heures de cours. Ça pourrait être mieux ; mais ça me va.

Le tout après une journée fériée, pendant laquelle on put avancer en diverses choses, et surtout en terminer avec les photos d'octobre — et par-là même libéré 5 Go sur le DD surchargé ; à présent le DDE a des soucis : graver tout ça.

Pourquoi ç'a pris deux mois, ces foutues photos d'octobre ? C'est qu'octobre fut très chargé (mariage, préparation de la venue de la famille - 15 personnes -, tourisme, guidage, et boulot en sus), et qu'on vadrouilla pas mal ce pendant (Osaka, Nara, Kyoto, Izumo, Matsue). Et quand je vais quelque part, je prend des photos. Sauf quand je suis de mauvaise humeur, ce qui arrive tout de même.



À trier tout ça, me sont venues quelques réflexions bateau concernant la photographie au Japon — pour la photographie japonaise, voir plutôt ici ou . C'est à dire : Qui prend Quelles photos, Comment, Pourquoi et Pour quoi, quand il est au Japon ?

Amusante coïncidence et jolie remarque pleine de saine ironie, ce matin chez Senbei.

Forcément, c'est pas en cent mots (+ ou - 10%) qu'on va faire le tour de la question. Non que ce soit diablement intéressant non plus. Et puis d'ailleurs c'est plutôt simple : si tu en as déjà vu quelques centaines de milliers, et de toutes époques (je rappelle innocemment que la tardive introduction de la photo au Japon date des années 1850) — il y a plein de bouquins pour cela, et des blogs et albums en ligne à plus savoir qu'en faire pour la période moderne et contemporaine — eh bien on remarquera que tout a déjà été fait (c'est pas nouveau), depuis l'embrouillamini de négatifs ratés et rayés (pas très touristique, plutôt japonais et années 1970, ça) jusqu'à l'ultra-haute définition numérique d'une scène rabâchée (au hasard Kiyomizudera, Shibuya) et que, malgré cette diversité, tout le monde fait à peu près la même chose : la photo informative, avec (Il y a Ça Ici : comme s'il n'y en avait pas déjà des millions) ou sans (option Street Shot Regardez comme je prends même pas la peine de cadrer) en avoir l'air — avec toutes les variantes usées : la nature morte en gros plan (Oh, une feuille d'érable ! Oh, une fleur de cerisier ! Oh, un mur de temple ! Oh, un masque de Nô !), ou vivante aussi, d'ailleurs, la nature (Oh, une main ! Oh, un pied de jeune fille ! Oh, une petite culotte !). Dans le but de le montrer à sa famille, au monde entier, voire aux potentiels extra-terrestres, histoire qu'ils ne carbonisent pas la planète d'entrée — Regardez mes amis il y a aussi de jolies choses sur Terre... Ahem.



Et vous savez quoi ? Il y a encore des gens qui trouvent le moyen de faire des choses originales, intéressantes et belles (pas de remarque sur le concept de beauté SVP, j'utilise le mot parce que c'est un raccourci pratique : la limite des cent mots est déjà dépassée). J'vais pas non plus vous dire qui : 'faut bien vous faire bosser un peu. Je sais bien que personne n'irait voir, de toute façon. En tout cas, il faut plutôt chercher du côté des professionnels. Enfin bref, on n'a pas non plus la science infuse — qu'est-ce qu'on en ferait, de toute façon, hein ? Plus l'on sait de choses, plus on est malheureux. C'est pour ça qu'on s'efforce d'oublier le plus possible. ここはどこ?!私はだれ?!Ahem.

Ça n'a un peu rien à voir mais un peu à voir tout de même, je viens de m'offrir comme cadeau de noël les deux volumes du Parr et Badger, documentation nécessaire s'il en est : réalisation luxueuse pour prix modique ; mais déception au parcours rapide, due à l'assimilation ultra-facile de la photographie japonaise à une sorte de déconstruction du medium photographique, alors que ce n'est tout de même qu'un phénomène, important certes, mais marginal. Par exemple, rien sur les photographes paysagistes ou sur les religieux, alors qu'ils en ont d'excellents. Plutôt que ce chapitre Une histoire de la photo japonaise : Une introduction à la photographie japonaise d'avant-garde ?

Enfin bref, une clope, un café, et on s'attaque aux photos de novembre. Ben oui.

Allez !


2 commentaires:

senbei a dit…

Un bouqin de Martin Parr ? Iiii naaaaa.....

Bonne reflexion, ça fait plaisir. J'aime beaucoup les exemples.

Sinon oui, mangeons ensemble un de ces jours, avec plaisir !

Senbei, photographe de culottes.

n a dit…

Salut !

C'est les deux pavés de The Photobook : A History, plutôt chouette. Au passage, chapeau à Amazon.com : ça prit deux semaines au lieu des six annoncées.

Séjour à Tokyo annulé, pour causes de finances réduites... Partie remise, et au plaisir.