10 Ebisu 2011



Parlons — une fois n'est pas coutume — de chose récente, et du festival de Horikawa Ebisu version 2011. On y alla pour le honban. Ben oui, il y a du pré-Ebisu, du post-Ebisu, et du vrai-Ebisu. Un peu comme pour la bière. Mais ce n'est pas très important.


La station de descente est minuscule et donc, trois fois l'an encombrée comme jamais. Foutoir — façon de parler — monumental, et incompétence des agents, dépassés par le flot. Enfin bref.


Il se trouve que c'était également Seijin no Hi, jour férié où l'on fête le passage à la majorité. Du coup, des kimono plus fringants — ou plus vulgaires, c'est selon — par-ci par-là.

Ah, Tennoji's Tsutenkaku on the way.


C'est une fois dans la rue que ç'a commencé.


Au début, on en rigole, puis ça se meut en petite irritation, en agacement persistant, jusqu'à la quasi-colère : je n'ai jamais vu autant de gens se pousser à ciel ouvert, dégommer ses mitoyens avec l'air innocent de la mamie nippone qui vient de voler à l'étalage.

Du dernier train du samedi soir sur la Den'en-toshi. En permanence.

Il y avait pourtant du personnel — oh, les septuagénaires habituels — qui s'efforçait en vain à réguler le flot ininterrompu des postulants-souhaiteurs.


Voilà à quoi ça ressemblait, l'une des deux entrées:


Du n'importe quoi. Pire que l'an dernier.

Et à s'approcher de la bâche qui accueille les piécettes, on vit que ça lançait les écus — allez d'abord faire un petit tour par-là si vous ne savez pas de quoi je parle — à des mètres à la ronde, et que la plupart des pièces atterrissaient sur le chef de ceux qui étaient parvenus devant. J'ai ramassé quelques pièces de 500 yens (tout de même 4,66 € au cours du jour) au passage, avant de m'abstenir, de peur d'être piétiné à mort — sans plaisanterie aucune.

Du grand n'importe quoi. Je serais bien étonné si l'on me disait qu'il n'y eut aucun enfant ou mamie trépassée dans l'effort.


En guise de conclusion et de moralité fablesque.

Je souhaite que tout ceux qui firent leur souhait à l'occasion d'un lancer de pièce dangereux, ou après avoir piétiné des dizaines de personnes, voient l'opposé de leur souhait se réaliser : crevez tous dans la misère.

Ebisu c'est le dieu du commerce et de la prospérité, et le commerce, c'est certes sans pitié. Mais il y a des bornes à l'animalerie. Que ne semblent pas connaître les Japonais visitants.


Mais bon, j'oublie également souvent qu'il est ici normal d'avoir les marchands dans le temple — enfin, dans le sanctuaire, et ici plus qu'ailleurs la religion c'est du grand bizness —, et qu'au fond c'est leur grand'aisance qui est en jeu pendant ces trois jours. 'Faut bien les comprendre : le chiffre avant tout. Et pour le sanctuaire d'Ebisu, la crise économique, ça veut dire le pactole.

Pas sûr qu'on se laisse traîner là l'an prochain.

Ou alors ce sera muni d'un fin filet pour choper les pièces au passage.

3 commentaires:

Jacques RUIZ a dit…

Merci pour ce voyage au Japon Salutations

La_Tokyoïte a dit…

Bonjour, un petit passage par un autre Overblog où vous aviez déposé un commentaire.

Habitant à Tokyo mais originaire d'une modeste ville avec 400 mille âmes seulement, je n'ai jamais tenté une sortie au temple aux grandes occasions, notamment de crainte de croiser un pickpocket. Sur ce, je félicite votre courage !

n a dit…

Merci pour le passage et le petit mot.

Originaire d'une ville plus modeste encor, avec 500 habitants...

Les pickpockets, ça n'existe pas au Japon, ou alors s'ils existent ils sont chinois (c'est la télé nippone qui l'a dit l'autre jour, alors ça doit être vrai).

Donc si vous êtes physinomiste et faites preuve de discernement, aucun risque de se faire pickpocketter.

Et puis, si vous en croisez un, de pickpocket, offrez-lui un verre : il vous filera peut-être des tuyaux, qui sait ?

Blague à part, on m'a traîné là-bas, la foule je ne supporte plus.

Bonne continuation.